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Paranoïa Bienveillante

 

Au cours de notre vie nous sommes confrontés à des situations dont on dit qu’elles nous dépassent. Ces situations sont à l’origine d’un profond dégoût de la vie, de la société, parfois de l’Humanité toute entière. Pourtant, face à des situations hostiles, certains survivent et progressent dans cet environnement et ce ne sont pas tous des êtres méprisables.
Alors, comment font-ils ? Comment garder une pureté de vue, comment garder une fraîcheur dans sa relation avec les autres ? Comment devenir et rester bienveillant, tout en sachant préserver son intégrité physique et mentale ?

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1. DEFINITIONS

Combat : Le combat ce n’est pas la guerre, le combat c’est l’ensemble des efforts à fournir pour atteindre son but ou pour préserver son intégrité au sens le plus large.
Le combat peut être intérieur ou extérieur et recouvrir tant le champ de l’attaque, de la conquête que celui de la défense ou de la protection de ses intérêts vitaux.

Intelligence : L’intelligence est la capacité à associer les causes et les effets. L’intelligence n’est en soi qu’un outil au service de l’action.

Volonté : La volonté est cette capacité à faire converger l’ensemble de ses capacités et de ses moyens dans un seul but. Seule la volonté règne sur les personnes, et sur le monde.
Dans un combat, plus que l’étalage de forces en présence, s’exprime un duel des volontés. La volonté est l’arme la plus puissante du combattant. La volonté associée à l’intelligence constitue l’arme absolue.

Situation chaotique : La situation chaotique regroupe les circonstances de tension, de conflit voire de guerre ouverte qui placent l’individu devant la nécessité d’une action ou d’une réaction. Au sens large, la situation chaotique recouvre toute situation de mise en danger matérielle, psychologique, sociale ou physique.

2. UN PRINCIPE SIMPLE

La Paranoïa Bienveillante est un format de pensée destiné à préparer en permanence des systèmes de défense et des niveaux de réaction, sans préjuger de l’interlocuteur ou de la situation, tout en conservant sa bienveillance.
Il s’agit d’une véritable schizophrénie [1] volontaire, une paranoïa [2] défensive qui envisage et assume le combat potentiel sous une enveloppe de bienveillance.
Ni la paranoïa , ni la bienveillance ne l’emporte. Au contraire ils cohabitent afin de créer un cadre favorable permettant de basculer rapidement d’un registre à l’autre dans un environnement d’auto-défense, de parfait contrôle et d’efficacité maximum.
En tant que bouclier de défense résolument tourné vers l’action, la totalité des perceptions est prise en compte afin de dégager un algorithme de décision objectif.

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Notes de bas de page :
[1] La schizophrénie est une maladie mentale caractérisée par une dissociation de la personnalité, affectant le rapport du malade avec la réalité. Source Wikipédia.
[2] La paranoïa : une des formes de folie, est une maladie mentale lourdement influencée par l’anxiété ou la peur, souvent jusqu’à un point d’irrationalité et de délire. La pensée paranoïaque inclut typiquement des croyances de persécution concernant une menace perçue envers les individus (jalousie, délires,...). Source Wikipédia

3. DES CONSEQUENCES ETONNANTES

3.1. Un investissement total et une armure mentale :

L’avantage principal de ce format de pensée est de permettre de s’investir de la façon la plus totale en toutes circonstances tout en préservant son intégrité.
Envisager la trahison, même sans raison préalable, c’est déjà poser, réfléchir, analyser et élaborer des processus de réaction en neutralisant l’affectif. Une fois ce travail d’anticipation paranoïaque réalisé, il est facile de faire confiance, car toutes les hypothèses de risque sont déjà analysées. Toute relation est alors en mesure de s’épanouir sans être contrariée par des doutes parasites même mineurs, et il devient possible d’exprimer et de vivre une véritable bienveillance.
La Paranoïa Bienveillante est un puissant outil d’accomplissement sans risque, sans crainte et sans contrainte.
La Paranoïa Bienveillante est « la méthode coué » du combat permanent. En se préparant en permanence au pire, nous sommes prêts à réagir et en mesure de nous mobiliser totalement en direction de son seul but.
La mobilisation totale de sa volonté se transforme en armure mentale. L’absence de crainte permet une mobilisation totale. C’est le sens profond de l’expression « Seul celui qui est prêt à mourir peut vaincre »

3.2. Une analyse objective des situations chaotiques :

Le second avantage de cette attitude particulière est la mise en place d’automatismes objectifs d’analyse et de décision. Ce formatage mental efface les a priori, les préjugés, les angoisses et les auto-censures, dans une sérénité préliminaire à l’action.
La Paranoïa Bienveillante est le terreau le plus favorable à l’analyse objective des situations chaotiques. Chaque situation est d’emblée disséquée et déchargée de toute sa charge émotionnelle. L’instinct et l’émotion désormais écartés laissent place à une vision mécanique3 apaisée des situations conflictuelles existantes ou potentielles.

3.3. Un élargissement du champ de vision :

L’effet le plus direct est la réorganisation des schémas mentaux accumulés au cours de notre vie (les barrières sociales, éducatives ... ) qui limitent en permanence notre champ de vision. Tout devient donc possible, tout devient envisageable et tout est envisagé.
Dans un conflit personnel, qui n’a jamais souhaité instinctivement la mort de quelqu’un ? La morale, l’éducation nous font réprimer cet instinct brutal généré par la colère. Cependant, il semble important dans le cadre de la réflexion de prendre en compte cet instinct sans le rejeter.
L’être équilibré n’est pas celui qui se débarrasse de toutes ses pulsions instinctives, mais celui qui sait les contrôler. L’impact de cette acceptation est évidemment purement psychologique, l’action viendra plus tard. En acceptant l’hypothèse de tuer physiquement l’ennemi, dans la recherche de solution, se construit naturellement une branche de l’algorithme de décision.
En tant qu’individus civilisés, rationnels et sociaux, nous ne nous transformons pas en meurtriers à chaque pulsion, mais, le seul fait d’avoir émis cette hypothèse permet d’éviter une réaction instinctive ultérieure pouvant devenir incontrôlable.
D’autres solutions apparaissant dans l’algorithme de décision, l’envie de meurtre disparaît. Ainsi en envisageant le meurtre de l’ennemi, sans tabous, ni a priori, est évitée une réaction instinctive malsaine. L’esprit se libère d’un élément parasite et ouvre le champ des réactions.
Mon instinct n’est plus un élément incontrôlable de ma personnalité, un élément parasite à museler mais il devient une aide à la décision raisonnable.

3.4. Un formatage durable :

Le développement d’une volonté forte et aisément mobilisable, la création d’une objectivité sans parasites et l’augmentation du champ de vision sont les bases d’une grande stabilité psychologique dans toutes les circonstances de la vie et particulièrement dans les situations chaotiques.
Quelque soit son intensité et ses conséquences directes, un fait conflictuel doit conduire à une réaction en trois points : Une analyse, un schéma d’autodéfense et une construction réactive.

Notes de bas de page :
[1] HYS René, Toute stratégie est mécanique et algorithmique, 2010 réécrit en 2011

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L’analyse est objective tout d’abord. Elle aide à la construction d’un schéma logique mécanique et algorithmique.
Le schéma d’autodéfense ensuite. Il est l’hypothèse du pire destinée à préserver l’intégrité physique et mentale et de permettre de rester en état de combattre.
La construction réactive, enfin. Aboutissement de l’analyse objective, elle conduit à la mise en place d’une stratégie durable de réaction.
Cette « petite mécanique mentale » n’est possible et efficace qu’avec l’adoption d’un format de Paranoïa Bienveillante.
La Paranoïa Bienveillante en tant que formatage de l’esprit est le rempart et le pré-requis à la gestion efficiente des situations chaotiques.

3.5. Un état supérieur de conscience

Alors la Paranoïa Bienveillante devient un état supérieur de conscience. Les dangers sont toujours présents dans toutes les situations de la vie, mais ils sont acceptés, et la bienveillance peut alors s’exprimer en toute quiétude. Devant une source de repères structurante, cette bulle de quiétude peut alors mettre en place une stabilisation émotionnelle et conduire alors à une plus grande perspicacité, une plus grande aisance intellectuelle, émotionnelle et comportementale..

4. QUESTIONS

« Cette analyse est intéressante, mais la mécanique et la logique n’embrassent pas la totalité des perceptions, vous donnez très peu d’importance à l’affect et aux émotions ... »

R.H : Cette observation est pertinente.
L’instinct, les affects et les émotions en général ne sont que des éléments constitutifs d’une situation au même titre que les constatations objectives. Les émotions, les sentiments ne sont ni bons, ni mauvais. Ils sont une variable de l’algorythme. Le principal problème dans une gestion de situation chaotique est de pouvoir remettre ces éléments à leur juste place et à leur valeur réelle. Le seul moyen pour y parvenir est de pouvoir s’en extraire dans un premier temps. Déconstruire pour pouvoir reconstruire. Le processus de déconstruction n’est pas un processus d’élimination, il n’est qu’une « mise à plat » des pierres de l’édifice personnel dans le but d’une réorganisation plus solide, plus pertinente, plus efficace.
C’est la base de la Paranoïa Bienveillante. Le formatage réalisé permet de prendre suffisamment de distance avec les émotions pour pouvoir leur permettre de prendre leur juste place ultérieurement dans un algorithme de décision.

« Mais vous nous conduisez inéluctablement à la schizophrénie ? »

R.H : L’être humain est naturellement schizophrène à chaque seconde de sa vie et obéit en permanence à des influences contradictoires. Le plus simple exemple est la cohabitation permanente en nous entre l’instinct et la raison qui est déjà la première de nos schizophrénies.
L’intérêt de la Paranoïa Bienveillante ne réside pas dans la simple affirmation de cette schizophrénie, mais dans la mise en place d’un cadre permettant la préparation d’état supérieur de perception.
En tant que telle, la Paranoïa Bienveillante est une schizophrénie décidée et assumée permettant de contrôler, gérer et utiliser quelques unes de nos schizophrénie latentes.

« Un état supérieur de perception ... Que cache ce terme ? »

R.H : Comme l’aurait dit Ron Hubbard : « Si un homme veut vraiment se faire un million de dollars, la meilleure manière serait de lancer sa propre religion » (sourire). Rassurez-vous il n’existe dans notre esprit aucun fantasme autour de ce terme. « Perception supérieure » est à prendre au pied de la lettre comme un enfant parlerait de niveau supérieur dans un jeu électronique. Il n’est qu’un simple déplacement du champ de vision.

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Cet état est supérieur à l’état normal car il intègre dans un système logique, des éléments eux-mêmes non-logiques et parfois opposés. Une sorte de théorie du chaos appliquée à l’esprit humain. Nous ne sommes en effet pas très éloignés de la « théorie du chaos » selon laquelle, grossièrement, il est possible de dégager une logique d’ensemble à des phénomènes a priori sans liens entre eux.
Nul besoin de gourou, de livre de référence , de prière rituelle.
La Paranoïa Bienveillante est juste un outil psychologique personnel de gestion des situations chaotiques. C’est un cadre simple de raisonnement permettant une auto-gestion plus pertinente des situations conflictuelles.

« Vous parlez plus de paranoïa que de bienveillance ! »

R.H : La paranoïa n’est qu’un acte préparatoire dont le seul objectif est de permettre la bienveillance.
Dans un environnement qui se trouble très vite, la bienveillance est devenue un luxe et parfois même une incongruité. Elle s’efface souvent derrière une auto-protection indispensable et généralement agressive, dans un monde souvent perçu à juste titre comme hostile. Faut-il renoncer définitivement à être bienveillant ? Nous sommes persuadés du contraire. Dans toutes ces situations, que l’on soit prédisposé ou non, la Paranoïa Bienveillante peut devenir la seule attitude de référence de sa propre préservation.

La bienveillance est une qualité précieuse à préserver. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, la Bienveillance est une véritable arme de construction massive dans un monde hostile.
Mais dans ce monde dur et souvent destructeur, cette bienveillance ne peut être assumée sans précautions préalables.
Combien de fois dans notre vie la bienveillance nous a t-elle conduit à des souffrances psychologiques ou matérielles ? Combien de fois avons nous du souffrir de trahisons ou de notre trop naïve gentillesse ? La sentence populaire ne dit-elle pas : « trop bon, trop con » ?

En mettant en place une logique de défense rassurante, la Paranoïa Bienveillante permet à la bienveillance de s’exprimer sans restriction, sans limite et sans danger. Elle permet de se préparer mentalement a la situation conflictuelle ou plus généralement chaotique et en ce sens est l’armure nous protégeant des aléas de la vie.
Plus explicitement : « J’ai fait confiance et j’ai été trahi. Mais sachant que c’était possible, je m’y étais déjà préparé. » On pourrait ainsi dire que la préparation à évité un trop fort choc en retour.

« Comment cette idée est-elle née ? »

R.H : Nous avons suivi, et nous suivons toujours de nombreuses personnes en charge de hautes responsabilités. Que ce soit dans les milieux politiques ou économiques, ces personnes sont soumises à des pressions constantes, un stress entretenu et subissent de nombreuses manœuvres de déstabilisation. Elles doivent aussi gérer des entourages proches qui passent l’essentiel de leur temps à entretenir une cour, générer des complots et s’entretuer pour préserver leur influence. Cet environnement est déjà en lui-même un environnement chaotique.

Il faut aussi rajouter pour le monde économique, la stratégie d’entreprise, les conquêtes de marchés, et pour le monde politique le positionnement personnel, les influences et la gestion de leurs attributions.
Avec ces éléments, tout n’est qu’un vaste chaos où chaque situation, chaque personne, chaque déclaration est susceptible de générer une crise majeure. Mais que la crise éclate ou non, les sentiments les plus violents ( le stress, la peur, le regret, la haine, en un mot : le chaos émotionnel) occupent l’espace en permanence, ne laissant plus aucun espace disponible à tous les autres sentiments opposés (quiétude, bonheur, admiration, satisfaction ...)

Dans nos différentes missions nous n’avons eu de cesse de prendre un maximum de recul afin de d’extraire des éléments perturbateurs et redonner sa place à une analyse objective mécanique et algorithmique.
Nous nous attachons aussi à donner à nos interlocuteurs les bases leur permettant de gérer de façon pertinente ces situations afin d’être en mesure de remettre les choses en ordre, de hiérarchiser, de relativiser et de garder le contrôle.

« Auriez-vous un exemple concret ? »

R.H : Oui, et je peux vous livrer le cas qui m’a conduit a essayer de « théoriser » un principe que j’exprimais déjà dans mes interventions et notamment avec les jeunes militants politiques dits « à fort potentiel ».
Je peux faire référence a une campagne électoral d’importance ou j’ai conseillé une jeune candidate. Cette militante politique, brillante, cette « jeune pousse à fort potentiel » à été pendant des mois, harcelée, insultée, humiliée puis enfin effacée du milieu politique sous l’effet conjugué de la jalousie (« pourquoi une gamine de trente ans aurait-elle ce que moi je n’ai jamais pu obtenir en 20 ans » , d’une répartition anticipée des rémunérations (postes de collaborateurs, de conseillers, ...), de la peur de voir émerger une nouvelle valeur montante...
Malheureusement cette jeune candidate n’était pas préparée à recevoir ce déchaînement de haine surtout en provenance de ses « amis » politiques. Elle pour qui, seuls le travail et les valeurs comptaient est devenue la cible d’ennemis hétéroclites, malsains, invisibles pour la plupart. Ils se sont attaqués avec violence et détermination à son réseau politique, sa vie personnelle, sa vie professionnelle dans le seul but de l ’éliminer, de l’effacer.
Une fois cet épisode terminé, elle s’est retrouvée seule, trahie, humiliée, dans l’état d’une femme violée qui se sent sale et qui en vient à se rejeter elle-même.
Les conséquences en terme personnel ont été pour cette jeune femme d’autant plus désastreuses que ses ennemis, pris dans l’emballement d’une frénésie de destruction ne se sont pas arrêtés après son éviction politique et ont continué à s’acharner contre elle pendant des mois à seule fin de prendre du plaisir à la détruire.
Je ferai ici une comparaison avec le règne animal. Il a été constaté chez les requins, lors de certains naufrages offrant aux squales un nombre de proie bien supérieur à leurs seuls besoins alimentaires une réaction étonnante appelée « frénésie alimentaire ». Les récits parlent d’une véritable carnage ludique, un jeu avec les corps, les morceaux de corps. C’est cette même frénésie alimentaire qui s’exprime au travers du chat qui joue avec la souris. L’animal dépasse son besoin alimentaire et prends plaisir à jouer avec la nourriture.
Devant un déroulé de ce genre ou les « méchants » gagnent, ou ne sont récompensés que la trahison, la duplicité, l’appât du gain et la médiocrité, l’auto-destruction est proche a court ou moyen terme.

C’est cet événement qui m’a conduit a vouloir écrire ce principe pour le formaliser, le rendre cohérent et l’offrir comme un outils de survie dans les sphères intrinsèquement génératrices de situations chaotiques, comme peuvent l’être les milieux politiques ou économiques de haut niveau.

« La Paranoïa Bienveillante est donc une sorte de coaching des décideurs ? »

R.H : La Paranoïaque Bienveillante est un bouclier destiné en premier lieu à tous les décideurs car ils sont les plus exposés aux situations chaotiques et à un environnement qui devient très rapidement hostile voire nocif.
Cependant nous sommes tous confrontés à des situation chaotiques au cours de notre vie dans des lieux inattendus. Qui n’a pas subit ou vu subir des vengeances ou des trahisons familiales dont la survenue est totalement inattendues et toujours déconcertantes.
Ces situations sont traumatisantes et peuvent conduire à des extrémités douloureuses. Et c’ est pour cela qu’existe la Paranoïa Bienveillante.

« Comment définiriez-vous la Paranoïa Bienveillante en une phrase ? »

R.H : La Paranoïa Bienveillante est un kit de survie psychologique personnel auto-élaboré.

Interview réalisé à Paris, le mars 2010

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