Reflexions

Cancer et métastases des élections locales

Tout le monde le sait, tout le monde le voit, nos instances locales électives sont squattées par des professionnels du parasitisme, en place depuis de années, des dizaines d’années parfois.

Un système qui bloque tout entrant, toute évolution au profit des mêmes coureurs de mandats. Il n’est pas nécessaire d’aller chercher très loin. Hormis dans les petites communes, dans lesquelles le nombre d’élus nécessaire est parfois supérieur au nombre de candidat, dès que l’on regarde les villes moyennes, et a fortiori les grandes villes, le constat est affligeant. Les mêmes alternent depuis toujours les mandats, un jour dans la majorité, le lendemain dans l’opposition.

Comment font-ils pour ne pas être vus ?

Les fonctions et instances souterraines
Les petits groupes en place, tous bords confondus sont un cancer. Comment accepter qu’un conseiller municipal soit à la fois conseiller municipal, parfois adjoint, salarié cadre supérieur dans un grand groupe, mais aussi élu dans la communauté d’agglomération et souvent au conseil départemental ou régional. La démultiplication des instances permet ce cumul souterrain quasiment invisible des citoyens. Tous ces cumuls peuvent être légaux, en revanche si l’accumulation est souvent obscure, elle n’en est pas moins aussi très rémunératrice. Cette accumulation est totalement verrouillée et constitue la source de toutes les corruptions.
Il n’est pas possible d’exercer une seule de ces fonction publiques, et/ou privées, de façon honnête et efficace lorsque les fonctions s’accumulent. Et on peut s’interroger d’ailleurs sur l’intérêt d’une société commerciale à voir un de ces cadres supérieurs dépenser autant de temps à des fonctions très éloignées de son contrat de travail … Quel est pour elle le retour sur investissement ?
Ces élus éternels accumulent donc les rémunérations, les fonctions, les avantages et sont très peu visibles des citoyens qui les payent (ou plutôt : a qui ils coûtent?).


Comment restent-ils en place une vie entière ?

Éparpillement et métastases

La clé est dans l’éparpillement discret et dans la capacité de ces cancers locaux à métastaser. L’éparpillement furtif, nous venons évoquer. Concernant la démarche cancéreuse, elle apparaît dès que des dissensions se déclarent dans le noyau du cancer principal. Soit les « petits groupes dissidents » viennent de l’extérieur (fruit parfois d’une vraie volonté d’être différents), soit ils sont créés par le noyau cancéreux lui-même, qui génère ainsi sa propre concurrence avec pour objectif un regroupement général en fin de course électorale, préservant ainsi le clan des squatteurs de mandats.

Lorsque les dissidents sont réels, ou lorsque de nouveaux arrivants se déclarent, le cancer envoie ses métastases s’agglomérer à ce risque potentiel afin de pouvoir le noyauter. C’est ce que l’on appelle généralement l’entrisme et qui devrait plus justement s’appeler métastase, l’objectif étant de maintenir en place une maladie de notre système représentatif.
Il n’est pas nécessaire de s’étendre sur les fausses dissidences fréquentes, tellement le principe est utilisé à chaque élection.

L’alternance permet-elle un renouvellement ?


L’alternance est une illusion
Les alternances ne changent pas fondamentalement le système pour deux raisons. D’une part en raison de l’existence dans chaque camp du même cancer, qui devient un tout bicéphale. D’autre part, en général, les cancers localisés dans des camps semblant s’opposer, trouvent ensemble des alliances de circonstances afin de « limiter la casse ». En cas d’alternance est ainsi co-géré un aménagement des places de repli aux amicaux opposants. Tout ce petit monde travaille donc en parfaite harmonie afin d’assurer la survie de ce système perverti et inamovible.

Quelles solutions ou quelles pistes ?

Le système ne peut malheureusement être brisé que par lui-même. Lui assurant ainsi une survie quasi-éternelle. Il faut légiférer, donc faire voter ceux qui sont nés de ce système, en profitent leur vie entière et qui l’entretiennent.
Suppression pure et simple de niveau électifs ou de cooptations ? Interdiction totale et stricte du cumul des mandats ? Limitation de l’ensemble des mandats à un seul renouvellement maximum ?
On ne pourrait ajouter a cela, bien sûr, que l’interdiction à vie de tout mandat électif pour celles et ceux qui ont été pénalement condamnés pour des affaires de corruptions, prises illégales d’intérêt, détournements de fonds publics, fraude fiscale, etc…